Ils sont allés sur place
Première mission terrain de la Secrétaire générale de l’Association, premières impressions – Mai 2006
« Le 5 mai 2006, je me suis embarquée pour un voyage que je n'oublierai pas de sitôt, à la fois une descente aux enfers et un petit goût de paradis, un mélange subtil d'espoir et de désespoir, de « il faut faire quelque chose » et de « à quoi bon ? ». En tout cas, je suis revenue convaincue d'une chose: les éducateurs, psychologues, travailleurs sociaux, etc. de Casa Alianza sont des gens formidables et j'ai de la chance de travailler avec eux, même si loin de leurs préoccupations quotidiennes.
Ma première semaine s'est déroulée auprès de Menin et de son équipe au Honduras. Le choc restera ma sortie dans la rue avec les éducateurs. Et pourtant Dieu sait que j'en ai vu de la détresse en deux ans au Cambodge! Mais la détresse urbaine, la drogue, la prostitution et toute cette violence inouïe dans laquelle grandissent ces enfants a quelque chose d'unique, en tout cas d'extrêmement glauque et de bien plus complexe que la simple problématique de la pauvreté. Je me souviendrai longtemps de ce gamin au ventre traversé d'une cicatrice énorme qui a survécu à je ne sais combien de coups de couteau.
Ma deuxième semaine s'est déroulée à Managua avec Grethel. Là, comme au Honduras, mes journées ont été une succession de rencontres inoubliables avec des gens dévoués, professionnels, et d'une immense gentillesse.
Ma dernière semaine m'a emmenée au Guatemala, où Arturo a été mon guide avec tous ses collègues bien sûr. De là je garderai aussi quelques images fortes, une école mobile dans un bidonville avec des petits bouts de chou avides de comprendre ce qu'hygiène personnelle signifie, des petites filles devenues mamans trop jeunes mais qui sourient malgré tout à la vie, et des ados au visage tuméfié parce que les soldats qui veulent nettoyer les rues de leurs « pauvres » ont oublié que la force ne résout jamais rien.
Une descente en enfer donc, parce que la vie dans la rue c'est un enfer, mais aussi un goût de paradis parce que les gens de ces pays ont un cœur immense malgré tous leurs problèmes. Une autre chose est sûre, ils comptent sur nous là-bas et je leur ai expliqué la chance que nous avions ici, d'avoir un réseau de membres actifs, de bénévoles toujours prêts à se démener pour les aider un peu, leur apporter des fonds qui leur seront plus qu'utiles. »