Ils ont dit
Cornelio Sommaruga
Cornelio Sommaruga, Anc. Président du CICR, Président Honoraire de Initiatives et Changement International, Caux (2010)
Casa Alianza Suisse a son siège à Genève. C'est depuis la ville internationale du bout du Lac Léman qu'elle pilote ses projets au Guatemala, au Honduras, au Mexique et au Nicaragua. Genève est aussi la ville de l'humanitaire, dont les droits humains sont un élément des plus importants. Mais, de quoi parle-t-on dans les couloirs des Palais des Nations, entre représentants de gouvernements et entre ONG ? Ce sont les grands problèmes politiques de violations des Droits de l'Homme par l'un ou l'autre pays du monde. On négocie des résolutions à la virgule près dans le but de trouver un consensus ou une majorité.Il est très rare qu'on mentionne les problèmes spécifiques les plus aigus du monde. Casa Alianza est dans ce contexte une institution qui nous rappelle constamment le drame des enfants de la rue. Sa devise Construisons un autre avenir pour les enfants de la rue doit nous inciter à participer à son action et à sa philosophie qui est une véritable volonté d'obtenir un changement en profondeur face à cette horrible réalité sociale, qui reste absolument inacceptable.
Casa Alianza s'attaque au grands problèmes de prévention dans les quatre pays d'Amérique latine où elle est présente, avec un accent particulier à la réhabilitation, à la réintégration scolaire et familiale, avec entre autres des programmes de désintoxication, d'une assistance spéciale aux enfants vivant avec le SIDA et aux filles-mères.
C'est un combat constant pour que la défense des droits de l'enfant devienne une réalité, en sensibilisant la communauté internationale et les autorités des pays concernés à tous les niveaux. Torture, exécutions arbitraires, abus et exploitation sexuelles sont absolument inacceptables.
Il faut le dire haut et fort, notamment à Genève, car l'indifférence apparente à cette sorte de « fatalité » est très grave !
Bravo a Casa Alianza de briser le silence et de nous et de leur rappeler que les enfants – notamment après l'adoption de la Convention sur les droits de l'enfant – ont des droits. Il faut renforcer la connaissance de ces droits, qui doivent devenir partout une partie prépondérante de l'éducation scolaire. Mais il faut aussi diffuser les obligations de cette Convention s'adressant notamment aux autorités.
Merci à Casa Alianza qui depuis 1981 nous aide à ne pas oublier l'énorme problème des enfants de la rue, qui n'est du reste pas limité à l'Amérique latine. Tous mes vœux, mieux nos vœux, pour atteindre par l'action un changement en profondeur face à cette réalité sociale préoccupante et inacceptable !
Philip D. Jaffé
Philip D. Jaffé, Directeur de l'Institut universitaire Kurt Bösch (2009)
La cause des enfants emporte l’adhésion tacite de tous, le consensus est absolu! Qui clamerait ouvertement que l’action humanitaire en faveur des enfants est déplacée? Qu’il convient d’abandonner à leur sort des enfants qui survivent, sans famille et sans soutien adulte, «en situation de rue» (expression favorisée par mon collègue Daniel Stoecklin dont la thèse et bien des publications portent sur la question)? Personne ou presque. L’écart entre cette réalité de la bonne conscience par omission et l’implication active en faveur des enfants les plus vulnérables est un gouffre énorme que bien des individus et plein d’organisations gouvernementales et non gouvernementales tentent de combler... tant bien que mal! Du bon côté, Casa Alianza est emblématique de ce que des personnes peuvent accomplir lorsqu’elles sont animées par cette notion de «gemeinschaftgefühl», une sollicitude sociale engagée et volontaire, qui refuse de se laisser entraîner dans la délégation des responsabilités. Et s’il faut autant de conviction que de méthode dans pareil engagement: Casa Alianza en est l’alchimique alliage.
Examiner les programmes et les objectifs de Casa Alianza, c’est être convaincu du bien fondé de l’action. Il y a bien entendu les interventions sur mesure en faveur d’enfants en situation de rue, le soutien qui vise une réhabilitation holistique jusqu’à, dans les meilleurs cas, la réinsertion dans un noyau familial. Mais intervenir n’est que réactif et peut devenir décourageant lorsqu’on constate que la source ne tarit pas, que les enfants continuent à peupler le champ d’action, à survivre en situation de rue. L’action se déroule donc heureusement également en amont, au niveau de la prévention, pour tenter d’endiguer les facteurs de risque qui, en lien avec les conditions sociales, pourraient entraîner la désaggrégation de la famille et la désocialisation des enfants. Car, il n’y a pas de miracle: la santé sociale d’une famille et le soutien aux mères reste la plus efficace et la plus universelle formule de protection des enfants. Toutefois, renforcer la famille n’est qu’une partie de l’équation. Il y en a d’autres: prévenir les catastrophes démographiques et familiales liées à la propagation du VIH, ou encore lutter contre la criminalité dont la denrée commerciale est constituée d’enfants.
Mais le champ social est complexe et les acteurs sont nombreux. Beaucoup de segments de la population doivent se profiler politiquement pour défendre leurs intérêts (par ailleurs, le plus souvent légitimes): fonction publique, sociétés professionnelles, retraités, personnes souffrant d’un handicap, prostituées, j’en passe et des meilleurs. Et les enfants dans tout cela? Qui promeut et défend leurs intérêts de manière organisée? Il faut que la société civile soit informée des besoins des enfants, que leurs voix soient entendues dans les cercles professionnels avec lesquels ils sont en contact (les enseignants certes, mais également par exemple les policiers), que les politiciens soient renseignés sur les vrais problèmes des plus petits dans nos sociétés.
Cette bataille est rude et le point de ralliement est désormais la Convention des Nations Unies relatives aux Droits de l’enfant. Ici aussi Casa Alianza se trouve dans les tranchées aux côtés des personnes et des organisations qui ont compris que ce document pose les bases légales de la place des enfants dans nos différentes sociétés et intime au monde adulte, dans un langage adapté aux adultes, l’obligation d’écouter, tant l’enfant individuel que tous les enfants.
Nago Humbert
Dr Nago Humbert, Président de Médecins du Monde Suisse (2008)
Porte de Damas, vieille ville de Jérusalem, assis en train de déguster mon jus d’oranges frais pressé quotidien, je contemple le va-et-vient des passants entre les petites échoppes des marchands ambulants. Le soleil réchauffe les pierres millénaires qui réfléchissent une lumière ocre sur les visages. Tout à coup des éclats de voix attirent mon attention et troublent cet instant d’un petit bonheur ordinaire.
Trois jeunes soldats viennent de retourner d’un coup de pied une planche sur laquelle étaient posés des boîtes d’allumettes, quelques paquets de cigarettes, quelques bonbons et derrière laquelle se trouve, figé, un jeune adolescent handicapé moteur cérébral. Souvent, je l’observe disposer méthodiquement, avec difficulté à cause de son bras droit recroquevillé, les boîtes, les paquets ou les crayons sur sa planche posée entre deux cageots. Je me souviens également de ses difficultés à me rendre la monnaie à cause de son handicap, mais aussi de son sourire quand je m’arrête pour lui acheter une babiole. Je me suis souvent fait la remarque que sa vie se résume peut-être à ces marches d’escalier de la porte de Damas et à cette activité de petit marchand de petites boîtes d’allumettes. Mais qui suis-je pour juger du degré du bonheur des autres ?
Maintenant, je ne vois que le désarroi et l’incompréhension dans les yeux sidérés de cet adolescent handicapé qui regarde le résultat de cette humiliation stupide : les petites boîtes bleues avec une flamme dessinée dessus, les paquets de cigarettes américaines, les crayons et les bonbons multicolores gisent sur les dalles de la vieille ville de Jérusalem.
Il a peut être 14 ou 15 ans, les trois soldats trois de plus que lui, il est handicapé, ils ont des mitraillettes qu’ils portent sur leur hanche comme le symbole de leur force et de leur pouvoir. En fait, leurs rires indécents devant leur forfait accompli raisonnent en moi comme la preuve de leur immense faiblesse.
Les gens autour de moi se sont figés, on dirait un film en arrêt sur image. Tout le monde se demande comment réagir, moi le premier, qui, je l’avoue, sens monter en moi une bouffée de violence envers les trois jeunes soldats. Mais je me ravise rapidement en voyant le jeune adolescent s’accroupir sur le sol pour tenter de ramasser maladroitement avec sa seule main valide les petites boîtes éparpillées sous le regard triomphant des trois jeunes hommes en uniforme.
Le film a redémarré et avec les autres témoins de cet acte de violence ordinaire, nous nous sommes mis à genoux devant les soldats pour remettre les objets sur la planche et un peu d’humanité dans les yeux de cet adolescent qui ne comprend toujours pas ce que lui veulent ses trois jeunes contemporains.
C’était il y a vingt ans et cette scène me reste comme l’un des événements les plus douloureux de mon périple humanitaire. Aujourd’hui, alors que mes yeux ont eu à subir tant d’images violentes, que j’ai vu mourir des centaines d’enfants, pourquoi celles-ci ont-elles laissé une empreinte si profonde dans ce galetas des souvenirs qu’est mon cerveau?
Peut-être simplement parce qu’elles réunissent plusieurs symboles de l’injustice : la rue et l’enfance, la pauvreté et l’enfance, la guerre et l’enfance et, pour couronner ce triste tableau, le handicap et l’enfance, et finalement l’impuissance et l’enfance.
Voilà pourquoi le travail de Casa Alianza est non seulement utile, mais indispensable pour que dans les yeux de l’adolescent de la porte de Damas, la peur et l’incompréhension soient remplacées par la confiance en son alter ego. Tant par ses projets de prévention auprès des populations à risques, ses programmes de réhabilitation, de réintégration scolaire ou familiale, que par ses actions pour la défense des droits de l’enfant, contre la torture, les exécutions arbitraires et les abus sexuels, Casa Alianza participe à redonner une dignité et un espoir à ces enfants qui ne sont pas des adultes en miniature.
Alors sur les marches de l’escalier qui mène à la porte de Damas, un adolescent aura retrouvé le sourire simplement parce que, grâce à des ONG comme Casa Alianza, il sera considéré comme un être humain à part entière.
Nigel Cantwell
Nigel Cantwell, Consultant en politiques de protection de l’enfance (2007)
En 1991, l’Assemblée générale des Nations Unies a pris une initiative inhabituelle: elle a demandé au Comité des Droits de l’enfant, nouvellement créé, d’envisager l’élaboration d’une Observation Générale. Celle-ci donnerait ses interprétations sur la nature précise des droits des «enfants des rues» et, par conséquent, des obligations de l’Etat envers ces derniers.
Si la Convention relative aux droits de l’enfant ne fait pas référence explicitement aux enfants dans cette situation, elle s’applique néanmoins, bien sûr, à tous les enfants sans exception. Ceci dit, certains analystes estiment que les «enfants des rues» symbolisent précisément ce qui se passe quand aucune disposition du traité n’est respectée: manque de soutien aux familles, déni d’accès aux services de base comme la santé, l’éducation, l’hébergement et la nourriture, aucune protection contre les nombreuses formes d’exploitation et de violence, et impossibilité de faire entendre leur voix. Certains s’entendent donc pour conclure que les «enfants des rues» ne sont de facto pas couverts par la Convention.
Casa Alianza est parmi les ONG qui connaissent le mieux ce genre de problèmes et dilemmes et les diverses raisons pour lesquelles les enfants se retrouvent en situation de rue. D’un côté, l’Association cherche donc à offrir des services appropriés et des options sur mesure pour que chaque enfantait son mot à dire pour déterminer son avenir. D’un autre côté, elle doit faire face à d’innombrables cas de violations délibérées des droits de l’enfant, depuis les activités criminelles visant à procurer des enfants «abandonnés» à l’adoption jusqu’à l’exploitation sexuelle et l’assassinat. Ce ne sont jamais des tâches faciles, mais elles sont rendues encore plus délicates à accomplir quand elles se font au nom d’enfants tellement stigmatisés et exclus qu’il faut partir de zéro. En outre, le travail se fait dans un climat au mieux d’indifférence totale, au pire d’hostilité ouverte, de menaces et d’agression. Le fait que Casa Alianza n’ait jamais reculé ou baissé les bras est à la mesure de l’engagement sans faille de son personnel, de ses volontaires et de ses donateurs.
Cet appel de l’Assemblée générale de l’ONU en 1991 semblait être tombé aux oubliettes. Mais le Comité des Droits de l’enfant a récemment indiqué son intention de rédiger une telle Observation Générale sur les «enfants des rues». Casa Alianza acquerra alors une base encore plus solide pour poursuivre son travail et persuader les autres de sa justification. Avec le soutien continu de ses amis, Casa Alianza aura, espérons-le, également les ressources pour tirer le meilleur de cette opportunité.
Jean Zermatten
Jean Zermatten, Membre et expert au Comité des droits de l’enfant (2006)
Le Comité des droits de l’enfant fait partie du système que les Nations Unies ont mis en place pour évaluer les progrès accomplis par les Etats parties dans l’application des droits de l’enfant sur leur territoire; autrement dit pour contrôler si les enfants des pays considérés jouissent pleinement de leurs droits. Le rapport que soumet l’Etat est la base de cet examen; pourtant ces rapports sont souvent partiaux, lacunaires, peu critiques. Le Comité doit pouvoir alors avoir recours à d’autres sources, qui complètent et corrigent la vision de la situation. Une grande partie de ces renseignements provient des ONG actives sur le terrain et qui connaissent très bien la réalité vécue par les enfants et les familles ; une autre source est celle des agences onusiennes.
Mais réduire l’apport des ONG à être pourvoyeuses d’informations pour le Comité serait injuste. Si les ONG peuvent renseigner si précieusement les experts, c’est précisément parce qu’elles déploient une activité de qualité pour les enfants et le respect de leurs droits ; pas seulement chaque cinq ans, quand l’Etat doit rendre des comptes, mais chaque jour, sans se lasser, sans se laisser décourager par les embûches et les tracasseries, sans s’effrayer des menaces ou des échecs.
C’est donc, pour le Comité, un travail très important que réalisent les ONG, dont nos partenaires de Casa Alianza; le travail de cette association dans plusieurs pays d’Amérique latine et centrale est remarquable et digne d’éloges. Je me plais à l’exprimer aux dirigeants, comme aux personnes qui, à un titre ou à un autre, sont engagées, dans l’action quotidienne. Ayant été rapporteur pour plusieurs pays dans lesquels Casa Alianza est active, j’ai été frappé de la valeur du travail consenti pas les membres de l’association, par leur abnégation et leur engagement inconditionnel et surtout par le courage des personnes que j’ai pu rencontrer.
Amis de Casa Alianza, les enfants des pays dans lesquels vous vous engagez ont encore besoin de vous. MERCI de continuer à les soutenir, à les conseiller, à leur apprendre à s’approprier leurs droits et à leur permettre de participer à leur futur. Car, grâce à vous, ils peuvent, malgré leurs conditions souvent très difficiles, entrevoir un demain.
Paola Ghillani
Paola Ghillani, Directrice de Paola Ghillani & Friends SA(2005)
La question est: de quelle humanité voulons-nous? D’une «humanité» qui bafoue régulièrement le respect des droits des êtres humains, et surtout ceux des enfants? Ou d’une Humanité qui contribue au développement des personnes afin que nous puissions continuer à évoluer durablement sur notre planète? Je suis pour ma part intimement convaincue que seules la formation et une économie responsable peuvent sortir les plus démunis de la pauvreté, surtout les enfants.
Grâce à une meilleure connaissance de leurs droits et à une formation, de nombreux enfants de la rue sont prêts à refaire surface et à quitter leur condition, encore trop souvent marquée par l’exploitation ou pire par la prostitution. Les programmes de défense et de réhabilitation sociale de Casa Alianza leur donnent la chance d’un nouveau départ, qui leur permettra de retrouver une vie digne. Contribuons, nous aussi, à redonner un avenir aux enfants de la rue. Peut-être arriverons-nous ainsi à retrouver notre vraie raison d’être: ETRE HUMAIN.
Jaap Doek
Jaap Doek, Président du Comité des droits de l'enfant (2004)
Depuis l'entrée en vigueur en 1990 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, les organisations non gouvernementales ont joué un rôle-clé pour assurer sa mise en oeuvre effective partout dans le monde. Grâce à ses programmes de réhabilitation et de défense juridique des enfants de la rue en Amérique centrale, Casa Alianza a contribué de manière significative à l'application concrète des principes universels formulés dans la Convention.
L'intérêt supérieur de l'enfant, la non-discrimination, le droit à la vie, à la protection et au développement sont au coeur de son action depuis 1981 auprès d'enfants et d'adolescents particulièrement vulnérables à toutes les formes d'exploitation et de trafics. Cette action démontre que, malgré les difficultés politiques, sociales et économiques, les droits de l'enfant peuvent et doivent être respectés par tous, en Amérique centrale comme ailleurs. L'ampleur de cette tâche nécessite la mobilisation et la collaboration des gouvernements mais aussi d'organismes publics et privés, au plan national, régional et international. Casa Alianza est une belle illustration de cette dynamique.
Ainsi pourra-t-on offrir enfin à chaque enfant, où qu'il soit né, un environnement favorable à son plein épanouissement.
Micheline Calmy-Rey
Micheline Calmy-Rey, Conseillère fédérale (2003)
L'organisation privée Casa Alianza s'engage en faveur des enfants de la rue en Amérique centrale. Elle le fait, d'une part, directement et concrètement: dans les homes d'accueil construits dans un esprit de protection, par le biais de ses programmes de formation et de promotion des enfants et jeunes, et en favorisant leur réintégration au sein de leur famille. D'autre part, malgré les conditions de travail parfois difficiles auxquelles elle fait face, Casa Alianza complète cet engagement concret avec son rôle politique comme interlocutrice importante et parfois interpellatrice face aux gouvernements centraméricains et du Nord.
Le travail et les idéaux de Casa Alianza insistent sur le respect et l'observation des droits des enfants, qui sont souvent le maillon de la société le plus faible et par conséquent le plus exposé à une vulnérabilité causée par la pauvreté. L'extrême pauvreté est une réalité suffisamment préoccupante pour qu'elle ne soit exacerbée par la perte de dignité et les droits fondamentaux de ces enfants.
L'association Casa Alianza en Suisse ne soutient pas uniquement les actions en Amérique centrale. Elle est aussi un important porte-parole des enfants de la rue centraméricains en Suisse et une fenêtre qui permet d'observer une réalité sociale affligeante. Je formule le voeu que cette fenêtre reste ouverte tant qu'il existera des enfants de la rue.
Sergio Vieira de Mello
Sergio Vieira de Mello, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (2002)
Depuis son origine au Guatemala en 1981, Casa Alianza a apporté espoir et aide aux enfants en Amérique Centrale, et a étendu son ouvre au Honduras, au Mexique et au Nicaragua. Ce travail est devenu plus important au fil du temps: on ne peut que le constater à travers la montée choquante de la violence envers les enfants dans les villes du Honduras, ou la toxicomanie et la violence entre bandes qui a pris racine à Ciudad de Guatemala, et ailleurs.
Les enfants des régions où oeuvre Casa Alianza sont utilisés à des fins de prostitution et sont soumis à la pornographie. Les enfants de la rue sont traités comme des rejetés; ils sont tués par la police ou exclus par l'état comme une gêne pour la nation. Ils ne sont pas traités comme des êtres humains. Leurs droits sont bafoués.
Casa Alianza les aide à retrouver leur dignité et à affirmer leurs droits.
En 1994, Maurice Machenbaum, un jeune homme suisse, a assisté à la projection d'un film sur Casa Alianza. Dès 1996, il a associé des scouts suisses et une centaine de jeunes âgés de 18 à 22 ans qui ont lancé une campagne de recherche de fonds pour les enfants du Honduras. Peu après, Casa Alianza Suisse a étendu son action au Nicaragua. De nos jours, cette campagne joue un rôle clé dans le soutien des efforts cruciaux de Casa Alianza dans des villes d'Amérique centrale.
Casa Alianza aide les victimes des pires violations des droits de l'homme. Les employés de Casa Alianza - pratiquement tous des employés locaux - méritent notre profonde admiration pour ce qu'ils accomplissent. C'est un honneur de leur rendre hommage et à tous ceux qui les soutiennent pour leur permettre de réaliser leur tâche.
Mary Robinson
Mary Robinson, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (2001)
La dignité de l'être humain est au coeur des principes des droits de l'homme. Cependant, lorsque les enfants, quels qu'ils soient, voient leur dignité bafouée, c'est l'humanité tout entière qui est blessée.
Enfants de la rue, enfants tout court devrait-on dire, vos droits sont bafoués honteusement aux quatre coins de la planète. Heureusement des relais existent et le travail de Casa Alianza pour faire reconnaître et défendre les droits de l'enfant est crucial. Ce travail d'urgence est néanmoins ancré dans une réflexion profonde qui s'inscrit parfaitement dans l'esprit et la lettre de la Convention relative aux droits de l'enfant. Casa Alianza démontre avec compétence et respect l'utilité dans le quotidien des normes internationales des droits de l'homme.
Les enfants sont notre avenir; pour cette raison, c'est aujourd'hui qu'il faut défendre leurs droits. Demain, il sera trop tard.
Joseph Deiss
Joseph Deiss, Conseiller fédéral (2000)
Scandale de notre société ou espoir de nos sociétés ?
«Chaque société se mesure à la façon dont elle traite ses membres les plus faibles» dit-on ?
Les jeunes, garçons et filles de la rue doivent pouvoir devenir des acteurs dynamiques dans la société de demain.
Canaliser leurs énergies, procurer des espaces de formation, de jeux aussi, porter un autre regard sur ces enfants : c'est le travail et l'engagement de l'association Casa Alianza.
Il ne s'agit ni de pitié ni de condescendance, mais de droits pour ces enfants !
Les enfants sont notre avenir. Sera-t-il scandale ou espoir ?
Ruth Dreifuss
Ruth Dreifuss, Conseillère fédérale (1999)
La misère, la violence, des conditions de vie indignes sont le lot quotidien des enfants des rues. En nous rappelant le scandale que représentent les enfants privés de leur enfance, en finançant les projets du Nicaragua, Casa Alianza Suisse contribue à mieux faire partager ce qui devrait appartenir d'emblée à chaque enfant du monde: la dignité humaine.